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Accueil > L'association : Rapport moral du président
Au moment d’ouvrir la séance et de vous accueillir, deux éléments de satisfaction s’offrent d’emblée en évidence : vous êtes venus nombreux, ce dont je vous sais gré, et le cadre qui nous accueille, pour la deuxième année consécutive, est prestigieux et symbolique : nous devons remercier Monsieur l’Ambassadeur Yves Gazzo, chef de la représentation en France de la Commission européenne, qui nous offre l’hospitalité dans un cadre historique, mêlé d’histoire et de symboles. Au nom de l’Association, je lui adresse nos remerciements et je rappelle que son précieux soutien lui a valu l’an dernier d’être nommé Membre d’Honneur de notre Association. Les aurasiens se sentent désormais ici un peu chez eux.
Notre Assemblée Générale se tient ce 23 janvier. Dans deux jours, cela fera une année que j’ai eu l’honneur d’être porté à ce poste par le Conseil d’Administration qui s’est tenu à l’Ecole internationale algérienne, où Farid Djebaïli nous avait offert l’hospitalité. Mais le 7 décembre, lors de notre dernière Assemblée Générale, où mon nom avait été suggéré par le Président Morizot je vous avais quittés précipitamment pour m’envoler pour Tébessa où l’Université organisait un colloque international sur l’état des études anthropologiques en Algérie et dans le monde arabe, avec pour tout bagage une communication concernant d’Émile Masqueray, le héros du n°4 d’Aouras, et la place dans l’anthropologie française dans les études concernant l’Algérie. C’était pour votre serviteur la découverte de l’Algérie, l’occasion de nouer les premiers contacts. Aujourd’hui, je reviens de Tébessa où j’étais hier à la même heure, sur une route où j’ai pu voir des flocons de neige et des pentes blanchies dans l’Aurès. Lundi, je n’avais ni visa ni billet d’avion, aujourd’hui je rentre de mission avec de bonnes nouvelles et le sentiment que mon déplacement, si bref et précipité fut-il, n’a pas été inutile. J’en rendrai compte à propos du colloque futur de printemps. Ces deux déplacements s’enchaînent avec nos assemblées : de Paris à Tébessa et de Tébessa à Paris. Cette rotonde serait-elle un lieu magique ? Me voici revenu à mon point de départ. « La treizième revient, c’est encore la première », dit le poète. Que s’est-il passé entre ces deux rencontres, sous le signe de Tébessa ? Ai-je accompli ma mission ?
L’année 2008 suivait le congrès de Compiègne qui fut, sous l’égide du Président Morizot, un grand succès et qui a permis de tisser des liens plus étroits avec nos amis algériens. Ce fut, comme les journées de Kenchela en 2005, un temps fort dans la vie d’Aouras; ces temps sont suivis d’un moment très bref de relâchement, puis le bureau et les responsables de la Revue se remettent aussitôt à la tâche de rassemblement des manuscrits, de collation, de correction, de mise en page. Le n°5, grâce au travail d’Hervé Danési est pratiquement achevé. Il réunit les Actes de Compiègne. Il reste à finaliser la maquette qui sera remise à l’éditeur. Ainsi, nous serons presque dans les temps puisque nous pouvons envisager une parution au printemps 2009 au lieu de la fin 2008. Nous avons donc lieu d’être satisfait de notre politique éditoriale. J’ai mentionné et remercié Hervé Danesi ; qu’il me soit permis de mentionner l’autre responsable de la rédaction, en la personne de Jean-Marie Blas de Roblès, qui s’est vu décerner le Prix Médicis pour son roman Là où les tigres sont chez eux. C’est un honneur pour notre Association : toutes les sociétés n’ont pas l’honneur d’avoir un Prix Médicis pour responsable de la rédaction.
Au cours de cette année, notre site internet s’est enrichi. Je vous invite à consulter le site internet de notre Association, qui repose sur le travail minutieux de Marie-Claire Micouleau que je tiens à remercier. Il est régulièrement mis à jour, avec l’introduction de nouveaux articles des textes et des images, des corrections ponctuelles d'actualisation, et avec la suppression de textes et informations devenues périmées. Nous étions convenus de six interventions par an. Un nouveau contrat a été passé avec le prestataire avec des mises à jour plus régulières. Le fonctionnement du site sera amélioré.
Une société vit par ses Membres anciens et nouveaux. Dix nouveaux Membres nous ont rejoints en 2008. Notre Secrétaire Général tient cette liste à jour en attribuant à chacun un matricule. Je vous invite à agir, sans trop de prosélytisme bien sûr, dans le sens du recrutement en faisant de la publicité pour Aouras. C’est ainsi que vivent les sociétés savantes. Nous allons dépasser très bientôt le nombre de 150.
Malheureusement, nous avons eu à déplorer deux décès cette année. Le colonel François Hue est décédé le 24 juin 2008. M. J.-P. Faure a représenté Aouras à ses funérailles. François Hue était le petit-fils du Commandant François Guénin (auteur de l’Inventaire archéologique de Tébessa (1909) ; il avait mis à notre disposition une photocopie des travaux de son aïeul, dont il avait proposé, à Compiègne, une présentation pleine d’émotion et de pudeur, et non sans courage car on avait pu mesurer alors combien ses forces étaient fragiles. Il a apporté sa pierre à l’édifice d’Aouras et nous conserverons un souvenir précieux de sa présence.
J’ai été informé fin décembre par Sabine Lefèvre du décès subit de Cécile Jeanblanc, à la suite d’une rupture d’anévrisme. Jeune doctorante pleine d’avenir, elle était présente à notre Assemblée de l’an passé et elle éclairait de sa jeunesse notre réunion. J’ai adressé les condoléances d’Aouras à ses parents, plongés dans la détresse, car c’était leur fille unique.
Voilà deux visages pour lesquels je vous invite à avoir une pensée recueillie.
L’activité du Bureau a été accaparée au cours de cette année par la préparation des Journées Thévestines d’Histoire et de Géographie, fondues dans un séminaire international consacré à l’Archéologie et à la télédétection. L’idée en a pris forme le 24 avril à Toulouse où notre Président d’honneur a rencontré, invité dans le cadre d’un Atelier CNES sur le thème « Archéologie et Télédétection » le Dr Djerrab Directeur de l’Institut des Sciences de la Nature et de la Vie à l’Université de Tébessa. Comment la télédétection peut contribuer à la sauvegarde et à la protection du patrimoine archéologique. Centré sur les vestiges et l’histoire de Tébessa l’idée peut englober nos propres travaux sur la ville romaine, byzantine médiévale et la région entourant Tébessa.
Le 14 décembre M. Morizot et moi-même recevons un courriel du Président de Minerve nous informant de la tenue d’un colloque international au mois d’avril sur le Thème du paysage antique de l’est . Je vous rappelle que nous avons signé une convention avec Minerve.
Toutefois, la conjonction des deux séminaires est un élément peu constructif : je décide donc de partir en mission à Tébessa pour réunir les intéressés et essayer de les mettre d’accord. Je suis revenu avec une convention réunissant les deux parties : un seul séminaire international doit donc se tenir du 25 au 29 avril sur le thème Séminaire international d’archéologie.
Ces Journées sont capitales pour nous ; elles ont occupé une partie de notre énergie et de notre temps, mais je peux vous dire aujourd’hui qu’elles auront lieu et que nous sommes parvenus à une entente.
Nous sommes en mesure d’affirmer aujourd’hui que ces journées auront bien lieu, du 25 au 29 avril 2009, sous le titre « Séminaire international d’Archéologie » et qu’elles associeront, dans le cadre de l’université de Tébessa, Aouras, Minerve, et le CNRPAH. Elles réuniront près d’une centaine de participants, parmi lesquels prendront place une trentaine de Membres d’Aouras.
Le contact avec le département architecture et génie civil par l’intermédiaire du Dr Mansouri pourrait aboutir à l’ouverture d’une filière archéologie à l’Université de Tébessa.
Mais d’autres événements ont eu lieu au cours cette année. Vous pouvez suivre bien sûr l’activité de nos Membres sur le site tenu à jour. M. Morizot a effectué un voyage autour de Batna au cours du mois de novembre : il a pu faire un état des lieux et ramener une moisson de renseignements. À cette occasion, il a pu nouer un contact avec le doyen de la faculté des sciences sociales et des sciences islamiques de l’université de Batna lors de son passage en novembre dans cette ville. Une lettre d’invitation d’Aouras a permis à une Maître de Conférences de l’université de Constantine de séjourner en France du 15 février au 1er mars.
Plusieurs de nos membres ont participé à Guelma fin novembre 2008 à une Table ronde internationale sur l’inventaire archéologique et la confrontation des expériences dans l’espace méditerranéen.
Le travail accompli est l’œuvre du Bureau, du Conseil d’Administration, du conseil Scientifique, du Comité « Tébessa », des responsables de la publication, de tous ceux qui sont intervenus à des titres divers et que je remercie de tout cœur.
Charles GUITTARD